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Et vous, avez-vous vu les pieds ?

Il avait fait la polémique il y a deux ans sur la croisette avec Okja, cette fois Bong Joon-ho rafle la palme d'or du Festival de Cannes avec Parasite. Le film sort aujourd'hui en salle. Retour sur la communication un peu loupée qui a accompagné le film.

Nous l’avons tous vu, dans le métro, à la télé, sur Internet ! La récompense suprême de cette superbe 72e édition du Festival de Cannes revient au réalisateur coréen Bong Joon-ho avec son film "Parasite". Le talent cinématographique du metteur en scène n'est plus à démontrer ; "The host" fut une claque renversante, il y a maintenant plus de 10 ans, et il n'a pas commis de faute de goût depuis, avec notamment "The Snowpiercer" ou "Mother".

En revanche, côté communication, on n’a pas tout compris… Voici les (nombreuses) affiches qu'on a pu croiser dans le métro.

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Evidemment, c'est un clin d'oeil au dernier épisode des Avengers



Mais pas que… ce hashtag ayant été lancé dès les diffusions en avant-première du film. Et bien plus encore, c'est le réalisateur lui-même qui a demandé début mai aux chanceux journalistes de "protéger les émotions des spectateurs". 

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Passons sur le fait qu'il “spoil” méchamment la fin d'un autre film pour défendre sa cause.

via GIPHY

Avec un minimum de recul, cela paraît fou qu'il faille fournir un mode d'emploi avec son film. Cet embargo devrait s'imposer naturellement aux critiques. Mais Bong Joon-Ho n'a pas été le seul à y aller de sa notice. Tarantino et son méga hypé "Once upon a time in Hollywood" a aussi pris la plume pour demander aux spectateurs de Cannes de rester tranquilles.

Et si cela était finalement une des dérives d'Internet ? Des youtubers

Qui plus est à Cannes, l'affrontement entre digital et classicisme est intense. Évoqué en intro, Okja, produit par Netflix avait été banni du festival il y a deux ans. Plus drôle, l'organisation du festival interdit, depuis quelques années, les selfies lors de la montée des marches. Cette année, un service d'ordre a même été chargé de faire respecter cette interdiction. Et pourtant, Internet a bien envahi la croisette. Et les blog ou autres youtubeurs dédiés au 7e art sont devenus les véritables relais 2.0 des films à voir. Le magazine "Première" ne s'écoule aujourd'hui plus qu'à 65 000 exemplaires dans les kiosques. C'était deux fois plus il y a seulement 10 ans ! Et pendant ce temps, le chouette blog "Sens critique" et le non moins chouette youtubeur "InThePanda" se sont associés pour nous faire vivre le festival : Cliquez - ici.

Preuves du changement de mode d'information des spectateurs, les vidéos diffusées sur YouTube par InThePanda dépassent régulièrement les 500 000 vues, dont un record à près de 900 000 pour celle d'"Aladin". Mis en perspective avec les 65 000 ventes mensuelles du magazine "Première", c'est assez violent.

Mais revenons à "Parasite" et à sa com' un peu loupée. Car oui, on est bien d'accord avec Twitter.

Qui plus est, appuyer le #dontspoilparasite par une telle image tirée du film est vraiment trop premier degré. Un ton sur ton maladroit et lourdeau. Dommage, car le film est, quant à lui, malin et complexe. Et que sa seconde affiche est bien plus forte. Vous y avez vu les pieds d'ailleurs ?

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